dimanche 10 octobre 2010

Jeux peau-éthique

De l’anémie je souffre continuellement
De là mon ami con part à Le Mans
D’être las de ma maladie mais il ment
De lassitude il n’est plus mon amant
Je l’ai fatigué mais il préfère me dire
Qu’il a besoin de solitude et dois partir



Sur le bord de la fenêtre, la saucisse se meurt
Sur le fort du bien être, elle se languit de douleur
Ne profitant pas de la chaleur de ses sœurs
La saucisse, sotte, saute avec son saucisson sans cesse dans le malheur
Si ses sauts sont des chutes vertigineuses dans l’apesanteur
Elle atterrit sous la fenêtre sur le sol sale de liqueur
Et au milieu du parterre des enivrantes fleurs, se meurt

(Premiers vers d’Elisa)

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En un battement de cils...

Mon cœur bat dans mes yeux
Je sens sa pulsation battante
Son apparence me tue tel un pieu
Et achève l’accélération frappante
Ce que je vois et observe
Est une indifférence de toute beauté
Qui passe et me frôle et m’énerve
Mais ma gentillesse m’empêche toute cruauté
Car je sais qu’il y a beaucoup plus important
A cause de la brièveté du temps
Vivons donc à fond chaque moment
Ne nions pas ce que nous savons sciemment
En cadence, en rythme, à l’unisson,
Nos cœurs battent dans nos yeux
De toute leur force avec frisson
Oubliant d’être pieux
Ils s’emballent comme des paquets cadeaux
Point de faux il ne faut
Que le plaisir de se donner
Papier et rubans ne sont pas mieux
Ce qui est primordial et spécial
C’est de sentir nos âmes monter aux cieux
Nos cœurs ensemble battant dans nos yeux
(1er vers de Marion)
"Ah l'amour des jeunes gens
N'est pas vraiment dans le coeur, il n'est que dans les yeux."
Acte II Scène 3 Roméo et Juliette de Shakespeare

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Souvenir

J’ai là-bas un souvenir
Qui a tenté de partir
Mais qui n’a jamais réussi à fuir
Trop apeuré de ne plus pouvoir revenir
Trop effrayé de se frayé son propre devenir
J’ai là-bas un souvenir
Qui a tenté de revenir
Mais qui n’a jamais réussi à se maintenir
En place dans cette vie trop lasse pire
Dans cette vie de vampire
Qui doit se tapir sans jamais vieillir
Qui doit se taire sans jamais désobéir
Mais lui, aspirait  à s’auto-construire
Un bohème et baroudeur devenir
On ne l’avait plus revu depuis son ire
Qui l’avait mené à s’autodétruire
Dans une éternelle insatisfaction qui empire
A mesure que la quête se fait ressentir
Comme impossible à finir
J’ai là-bas un souvenir
Qui se repose et s’attèle à dormir
Rêvant d’être un présent et de s’en enorgueillir
Il aspire à être le présent et à en jouir
J’ai là-bas un souvenir
Qui n’a qu’un seul désir
Enfouir ses passés ressentiments ne plus se mentir
Ne plus haïr ne plus subir ne plus trahir
J’ai là-bas un souvenir
Errant et rieur qui inspire
Tout l’air qu’il peut cueillir
J’ai là-bas un souvenir
Simple à faire sourire
Car par ce simple plaisir
D’être en vie, en voyage et plein d’élixir
Il est un enivrant saoul venir
(1er vers de Manon)



                                                  Rio de Janeiro - Ete 2008
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samedi 9 octobre 2010

"Je dois partir et vivre ou rester et mourir"


Au fond ça se tient.
Le choc devant l'image désolante de ces colonnes qui supportaient notre passé, symbolisaient notre présent et soutenaient notre futur. Elles étaient là, tranquilles, ne demandant rien à personne, observant chaque âme passante se construire peu à peu. Elles maintenaient leurs présences, solidement attachées à leurs racines dans le sol. Elles laissaient nos dos fatigués s'appuyer contre elles. Elles assistaient à nos rires, nos délires et nos concerts. A nos stress et à nos révisions. Elles étaient présentes sans que nous les voyions. Vite et rapidement, elles s'écroulèrent. Un simple vent rageur les balaya et les arracha aussi facilement que nous partions tous dans nos propres directions. Certains rêves s'écroulant et se brisant, comme elles. D'autres se forgeant, se reconstruisant après tant d'hésitations, d'illusions, de doutes et de faux espoirs. Chaque petite pierre constituant chaque personne et des groupes qui se morcèlent, laissant place à des larmes d'autant plus séparées. Tout était là, par terre, gisant paisiblement après la tempête, au milieu des herbes folles qui poussaient déjà dans tous les sens, envahissant les nervures de pierre. Les tiges et les feuilles recouvraient comme un voile macabre la scène du crime. Le macchabé était enveloppé de ce végétal tissu funèbre et végétatif. Mais les victimes étaient également des êtres vivants, des plantes grimpantes, des glycines. Ces belles fleurs violacées qui s'envolaient sur les cheveux des filles, harmonieusement dansantes avec le vent, étaient désormais écrasées comme de vulgaires pétales minusculement ridicules dont la belle couleur pâle avait viré au violet des blessures subies après les coups de poing. C’était une aire qui touchait à sa fin, éradiquée par un air puissant, vivifiant, revigorant. Mais ce n’était que le début de la fin. C’était le début d’une fin longue et douloureuse. Une fin qui se faisait attendre. Une fin languissante. Une fin que le temps avait portée dans son ventre deux années. Deux années de gestation. Et il avait fallu encore une année pour que le temps accouche de cette fin qui menait à notre existence. Une année de contractions et d’allées et venues. Une année de retours en arrière et de bonds en avant. Une fin qui menait à une nouvelle existence. A présent, nous devrons nous débrouiller seuls, sans l’aide de pylônes pour nous soutenir en cas de malaise, en cas de problème, en cas de difficulté, en cas de souffrance. Personne pour nous aider. Personne. C’était le symbole concret de l’achèvement d’une période de notre vie. C’était la manifestation physique de l’aboutissement de nos espoirs. C’était juste une image choquante, désolante et triste. C’était juste une image qui nous laissait bouche bée et yeux mouillés. C’était juste la chute. C’était juste la perte. De l’innocence, de l’immaturité, de la paresse, du sommeil, du manque de travail, de rigueur et d’assiduité, des êtres chers, des êtres à peine trouvés qu’il faut déjà quitter. C’était le début d’une nouvelle aire.
Et si finalement, il fallait y retourner et tout affronter encore et encore, inlassablement ? Et si finalement, il fallait regarder ce désastre si douloureux tous les prochains jours que nous allions vivre ?



Le chemin vers les ruines romaines. Le toit de prison. L'aile nervurée. Les dalles d'un échiquier. Une marelle d'enfants.


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On est quittes

Quittons cette insignifiance
Allez entrons dans la danse
Ne nous soucions plus de l’existence
Evadons nous dans une transe

Quittons cette insipidité
Restons ancrés dans les rêves exaltés
Ne perdons pas de vue le passé
Gardons dans nos cœurs blessés

Toute la gaieté des nuits étoilées
Eclairées à la lumière faible d’un portable
Nous guidant sur le chemin noir et scellé
Vers une liberté lumineuse et inoubliable
Inquiétude et grisante peur
Nous excitait dans la torpeur

Des embruns hallucinés des vapeurs
D’une mer sans houle ni heurts
Dune dévalant le temps égrainé en heures
(C’en est assez des cétacés qui ruinent cent entassés
Car tout s’accumule et se perd
La quantité plus que la qualité
C’en est trop pour moi)
Il me faut sortir pour respirer
Car je suis las d’être là et tout ce que je désire
Plus que de ne plus jamais choisir
C’est de quitter cette insignifiance
Régnant parmi tous en toute confiance
Mais mégarde et méfiance à cette funeste ambiance
Car je suis las d’être là et tout ce que je désire
Plus que de ne plus jamais choisir
C’est de revenir
C’est de partir.

(1er vers de Giulia)


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été était


Voilà que l’été prend sa fuite, l’été se meurt
Voix là-bas s’éloignant à la suite du vent qui passe
Voisine un temps, oubli maintenant ; l’été trépasse
Vois-tu ma tristesse et ma mélancolie dans mes pleurs ?
Voyages d’une immortelle jeunesse qui se meurt
Voilà dans mes yeux le ciel gris et l’étendue lasse
Voix des enfants insouciants de la rentrée approchante
Voisine qui déménage et m’abandonne souriante
Vois-tu elle préférait partir pour mieux revenir hélas
Voyage heureux et ensoleillé dans la clameur
A pris l’avion et a couru vers l’automne
Cet été a pris sa dernière bouffé d’oxygène
La dernière aspiration d’un fumeur
Planait ce chant charmeur d’Imogen
Planait cette rumeur que sur son lit d’hôpital
L’été se mourait d’une tumeur
S’égrenait dans les tubes perfusés les fatales pétales
Elles allaient bientôt se flétrir et se faner
Cet été qui se meurt et pourtant court à toutes enjambées
Plein de vigueur et pourtant embrasse la brise des chevauchées
Cet été souffrant qui jusqu’au bout du monde et du temps
Poursuit sa fuite de l’irréalité et sa conduite
Forcenée en état transcendantal d’ébriété
Sur la route toute la journée
Les paysages défilent colorés
Tout change sauf une constante
Leur relation palpitante, immuable et hydratante
Car ils ont soif l’un de l’autre et s’abreuvent
Autant que le temps d’une route ils le peuvent
Auparavant ils se cachaient derrière un paravent
A présent ils se cachent derrière des sentiments
La route est encore longue, les bandes blanches défilent
Sous leurs pneus émanant la liberté
Embouteillages de joies de cet été
L’air de la radio dans leurs oreilles grésille
Les souvenirs laissés au bord de la route, derrière eux
Un visage féminin qui sourit et qui pleure
Les images qui filent dans le reflet révélateur du rétroviseur
D’un été qui se meurt
Pour ressusciter en horizon de manque : douloureuses consonnes
Pour renaître en saison monotone
Cet été trop vite passé et c’est la fin qui sonne.

(1er vers de Giulia)

Photos sur la route vers le Portugal - Eté 2010 
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Inception



Sensation éternelle de chute. De pouvoir, comme s'il était facile de construire tout comme on le souhaite. Tout est en mouvement, tout le temps, partout. Tout se renverse et se bascule. La pesanteur n'existe plus et les corps s'inversent. La mastication de mon âme en papier mâché est lancinante. La masturbation de mon cœur en patte à modeler s'avère être longue et douloureuse. On me broie de l'extérieur. Des graines sont implantées un peu partout mais ne poussent pas. J'ai du mal à croitre, qui l'eut cru! Des inceptions à cœur ouvert sont pratiquées sur le cerveau d'une personne fragile. Il faut recoudre avec du fil de fer pour être sûr qu'il ne se brise pas au premier coup de dent. Un fil qui ne rouille pas de préférence. Refermer, enfouir avec propreté, sans bavure. Refermer sans laisser de trace. Car le tout ce n'est pas d'ouvrir, de lancer un sujet. Cela paraît insurmontable quand en réalité (attention: laquelle? où? existe-t-elle? rien n'est réel lorsque l'on est dans un état second d'hébétude) c'est simple comparé à la lourde tâche de devoir clore quelque chose. C'est bien plus difficile de terminer que de commencer, de détruire que de construire, de reconstruire que de détruire. Comme s'il n'y avait jamais de fin et que nous allions errer à jamais dans les limbes de notre esprit. Mais si la réalité est irréelle et que les rêves sont notre échappatoire, il n'y a aucun moyen de savoir. La connaissance de la vérité est impossible. On se prend la tête, on la secoue, on la remue dans tous les sens mais les barrières sont trop solides. Pas de faille dans le labyrinthe de la recherche. Il est à la fois intransigeant et incassable. Rien ni personne ne passe. Il n'y a pas de fin en fin de compte et tout s'interrompt brutalement. Le noir devient et nous devenons à nouveau autre chose dans une nouvelle lumière aveuglante. Nous continuons sans cesse de devenir dans un présent qui n'est jamais rien d'autre que l'inconscience du temps qui passe, le subconscient de notre avenir et de nos passés. Le présent c'est ne rien savoir. Le présent c'est ne pas penser. Juste vivre. Juste cela, rien de bien compliqué. Vivre dans la simplicité de la complexion. Ma pensée est tellement confuse et pleine que je n'arrive pas à l'ordonner pour exprimer ce que je ressens. Mais comment peut-on ressentir avec sa pensée? Est-ce seulement possible? Mystère. Je ne crois pas.


Le tout ce n'est pas de voler de ses propres ailes mais bien de pénétrer les secrets. Les préserver, les respecter, les partager. La tâche qui est encore plus délicate et qui demande habileté, dextérité et calme est d'aller en profondeur dans chaque chose qu'il nous est donné de voir, d'entendre, d'expérimenter et de vivre. Enfouir, creuser. Aller "jusqu'au bout du monde et du rêve." Le rêve conscient n'est d'ailleurs qu'une manifestation de celui que l'on fait endormi. Le rêve que l'on cultive toute notre vie est tapi, endormi du sol au plafond capitonnés pour ne pas qu'il nous échappe. Mais il suffit qu'une griffe d'agressivité sorte pour que toutes les coutures implosent. La vitre tintée ne nous reflète plus et le miroir se brise. Le ralenti intensifie l'expérience de la destruction. Au milieu de cela, nous flottons serein. Car nous savons que le danger n'est qu'une peur, celle de mourir ou de souffrir. Et cette peur nous paralyse alors que le mouvement nous balance. Nous éveille à la respiration. Le souffle coupé, nous revenons à la surface d'un immeuble de plusieurs étages sous-terrain.
Le tout ce n'est pas de voler mais mal de donner, fournir, implanter, faire germer, partager, changer. La modification d'un verbe engendre le bouleversement de morts et de vies entières.
Remettre en cause la morale est un exercice, bien que parfois choquant et même déroutant, très intéressant.



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